____Me voilà. En route pour ma maison. De retour au pays. Enfin, pas encore. Nuit blanche, être sûre de ne pas louper le car de 7h20. Ah mais, il ne passe que le samedi. « C'est quand, le prochain ? » « A 16h15. » Ah. Tant pis. On prendra le train, mes kilos de bagages et moi. Donc on attend. On me propose un chocolat chaud, c'est gentil, surtout par ce temps. Les gens sont adorables aujourd'hui. La petite vieille qui me souhaite un bon voyage quand elle me croise. La gamine qui se penche sur mon écran pour épier mes activités informatiques. Le nouveau serveur du Philéas, à Nantes. Mais j'attend. Et le distributeur de la sortie Nord n'est plus. Seulement, avec ce que j'ai sous le bras, j'ai déjà du mal à faire trois mètres. Alors, 100 pour la sortie Sud... J'ai voulu laisser ma montre à la consigne, mais ils ne prennent que le liquide en caution. C'est pas grave, les gens sont gentils aujourd'hui. Ma petite Maman qui se réjouit de mon retour, ça ça me colle un sourire jusque là sur la face. Pareil, quand je repense à l'anniversaire de Solène, fêté il y a une semaine, presque deux. Les photos sont bon témoins. J'ai encore fait des folies, et mon banquier me hait, je le sais. Mais c'est compulsif. Et puis, c'est la crise, j'investis, rien de plus. Ah ah, la crise. Oui, mon p'tit, comme elle dirait. Bien sûr que vous savez de qui je parle. J'aimerais de ses nouvelles plus fréquemment, mais je suis aussi à blâmer. J'ai tellement hâte. Ca ne sera pas le premier étage interdit aux enfants ni les boules du billard qu'on fait dégringoler, non, mais ça sera quand même nous. Ca fait trop longtemps. Demain, c'est son anniversaire, ne l'oubliez pas. Je vais dévorer le dernier tome de Thorgal, et c'est presque mon cadeau le plus attendu, tellement l'attente a été longue. J'espère que son cadeau à elle lui plaira, avec le recul j'ai peur de ne m'être que trop référée à l'avant. Je ne sais pas, on verra, et puis, au pire, je me rattraperai. Evidemment, il y a aussi mes partiels et le retard que j'ai accumulé. Mais c'est pas grave. Si jamais ça ne passe pas, eh bien, je me rattraperai aussi, tout le monde sait qu'il y a des saisons plus vivables que d'autres. J'ai tellement sommeil. Je vais rentrer chez moi, soigner ma gorge avec un lait chaud et du miel fondu, vautrée sur le canapé et emmitouflée dans le plaid, à regarder quelque chose comme Croc Blanc, Pirate à mes côtés. C'est mon rêve, aujourd'hui. Retrouver Pirate, ma famille et la chaleur d'un feu de bois. Fini ce chat sorti de l'enfer qui miaule à vous en crever les tympans, fini la vaisselle qui traîne et la lumière laissée allumée dans le couloir, toute la nuit. Fini la salle de bain polaire. Fini pour deux semaines.