____J'ai le palpitant qui déconne. Je voulais me faire un ciné, mais non. J'hésitais toujours, et de toutes façons après plus de vingt-quatre heures passées sans aucun contact avec le monde extérieur, je préfère continuer dans la lancée. Je crois que l'idée d'être ici, seule, sans donner de nouvelles et sans en recevoir non plus me plait. C'est notre faute. On a tout détruit. J'ai plus le goût de rien, et ça vaut mieux parce que ton goût à toi est dégueulasse d'amertume et d'honnêteté. Demain on recommence, et j'ai pas envie de les voir, pas tout de suite. Je pourrais crever ici. Cet après midi je me suis entièrement peint le corps en noir, et même avec beaucoup de savon on dirait encore que j'me suis roulée dans le charbon. C'est bizarre comme sensation, de passer une journée entière enfermé dans la même pièce, seul, et d'avoir un balcon avec vu sur tout se qui se passe autour. La pluie qui claque, les ombres des voisins aux fenêtres d'en face, les pas dans la rue. Se lever presque au coucher du soleil. Être complètement reclus, aux limites d'un monde affolé et énervé. Bizarre, mais pas si désagréable que ça. Mais tu t'en fous. Tu t'en contrefous. L'honnêteté, elle s'est fait laminé la gueule. C'est juste un jeu. Mais on joue plus dans la même équipe. Je délire. Nan. Ca doit être l'effet une-seule-cigarette-aujourd'hui, c'est tout. C'est étrange, ça aussi. De ne rien faire et pourtant de n'avoir jamais le temps de rien. Je dérange.___[?]